Européenne 2019

Les gilets jaunes 2019

XVII siècles de gilets jaunes

 

Non ! Les gilets jaunes ne  disparaitront pas,   quoiqu’en  pense les jeunes hommes de l’ Elysée. Tout simplement parce qu’ils  viennent de loin. Ils sont là en effet depuis 17 siècles.

 

 C’est en  286  qu’apparaissent les premiers gilets  en Gaule. Des paysans, des esclaves, des chrétiens persécutés, se révoltent contre Rome et ses impôts, comme aujourd’hui on continue  de se révolter contre M.Macron et les suppléments d’ impôts qu’il fait payer pour compenser  les 100 milliards d’euros que  ses amis des multinationales  eux ne paient pas  .  Ces premiers gilets jaunes on les  connaît sous le nom  de « Bagaudes  gaulois », terme latinisant en « Bagaudae » ,  mot celtique  qui voulait déjà dire  les combattants

 

 

Sur 1700 ans ,  ce sont les Maillotins  ,   les croquants , les Va nu pieds, les révoltés de la Ligue des contribuables, les chemises vertes  des paysans de  Dorgères , les poujadistes ,  les CID UNATI de Gérard Nicoud, les pigeons, les bonnets rouges , des milliers de révoltes. Parce que sur les siècles et les siècles , chaque génération sans exception, chaque  homme  , ne peut que se révolter   contre la surimposition étrangère à la liberté naturelle.  Par exemple on a compté  3143 actes de rébellion fiscale   de 1661 à 1789.

 

La  toute première révolte fiscale gauloise et donc française, va durer 30 ans en paroxysme et bien au delà jusqu’au Vème siècle,  épisodiquement , à l’état endémique ou  chronique, par bouffées d’inflammations  sociales. C’est  la mère de toutes les révoltes fiscales françaises. La matrice fondatrice de la psychologie fiscale  du pays. Comme une empreinte cérébrale  profonde qui conditionne  et explique les réflexes fiscaux  encore et toujours à l’œuvre sur les ronds points de 2018 que les gilets jaunes occupent.

 

Ces Bagaudes gaulois se révoltent certes contre l’excès de  l’impôt, mais  aussi contre l‘impôt venu d’ailleurs. C’est l’impôt d’occupation qui est  contesté, tout autant que  son  montant. Parce que la Gaule est colonisée, -comme la France des ronds points est « dés-identisisée »- , et le pouvoir fiscal qui prélève  est un pouvoir colonial. Il y a alors dans les  gaulois en Bagaudes , sans  doute  de la composante  sociale  , économique , mais quand ces hommes arrivent à se lever en armées , à faire des sièges  de ville loyaliste à l’administration impériale de Rome , comme Autun,  il y a aussi  une composante  autonomiste , avec l’esquisse d’une  quasi  résistance , sinon  d’un Front de libération …. fiscale

 

Dès le départ, en 21  après JC, la Gaule a résisté et la fiscalité n’a  été que le terrain d’expression de cette résistance. A l’oppression fiscale bien sûr, mais à l’oppression romaine d’occupation aussi. En 68, la  révolte reprend, avec à sa tête un  gaulois Vindex, du  Lyonnais, contre Néron. En 70,  à la mort de Néron, la révolte continue.

 

 Au IIIème siècle après J-C, le lorsque dans le contexte de la crise ,   migratoire  déjà, économique, monétaire avec une forte dévaluation , politique  et même climatique  avec un refroidissement ,  l’empire romain en quête de ressources  surtaxe ses provinces, le mouvement   des Bagaudes commence.  Avec sa dimension et  de révolte fiscale manifeste,  qui  inaugure toutes celles qui vont se succéder jusqu’aux gilets jaunes, et de résistance politique contre le pouvoir fiscal impérial. Comme il y a aujourd’hui un pouvoir fiscal numérique des GAFAMI et autres  multinationales qui font imposer par leur « Macron »  les français  sédentaires et se font  elles  exonérer . Ainsi, lorsque Dioclétien en 284  monte sur le trône de l’Empire,  l’insurrection des bagaudes  pille et brule les villas des sénateurs et des curiales, attaque  les cités loyalistes à Rome, et poursuit avec fureur les officiers impériaux.  L’Armorique est  en sécession. Et c’est ce qui doit attirer l’attention.

 

Quand on  regarde en effet la carte des révoltes des Bagaudes, trois localisations géographiques sautent aux yeux : D’abord l’Isère et la Drôme, aux débouchés des routes vers Rome. Le Sud Ouest  de l’Aquitaine ensuite  et  enfin l’Armorique  mentionnée.

 

Or jusqu’aux gilets jaunes  où ont été les grands foyers de révoltes fiscales ? Dans l’Aquitaine, -  là où comme par hasard les gilets jaunes de Bordeaux  sont puissants- du mouvement des croquants au XVII ère siècle et de Pierre Poujade l’épicier du Lot. Dans l’Isère du cafetier de  la Tour du Pin, Gérard Nicoud, fondateur du CID UNATI. Dans la Bretagne des chemises vertes  paysannes du Dorgères des années 1930 , des bonnets rouges  et du Morbihan de Jacline  Moraud, une des premières gilets jaunes en vidéo  sur le net.

 

C’est bien dire l’empreinte historique et  le conditionnement  quasi génétique  que  les deux siècles de révoltes des Bagaudes gaulois ont imprimé sur le cerveau fiscal français. C’est la nappe idéologique fossile de la fiscalité française où s’alimentent les réactions du pays. Sur les siècles, chaque révolte fiscale des français n’est qu’un puits artésien politique par où jaillissent ces  vieux réflexes  de la résistance à la fiscalité  d’occupation , coloniale avec  Rome ou  économique avec les banquiers, les intérêts financiers mondiaux et les présidents qui les expriment .

 

Notre  conditionnement fiscal inconscient  est là. Encore bien plus profond  que le conditionnement amené par des siècles de Gabelle d’ Ancien Régime  qui  ont  définitivement  inscrit  dans  notre inconscient  fiscal  deux équations qui guident tous nos choix . C’est à dire :

 

Gabelle = impôt indirect =  Ancien  Régime = égale Royauté,  égale galère, = égale droite.

 

Alors que : l’impôt direct = Révolution =  République  =progrès = gauche.

 

Les siècles de fiscalité coloniale romaine sur la Gaule, ont eux à jamais conditionné notre  perception  du pouvoir  fiscal . Le pouvoir qui nous   impose nous   est extérieur. Il  vient d’ ailleurs. Il leur est étranger. Soit  parce qu’avant hier, au départ, il venait précisément de l’étranger. De   Rome et de l’empereur.  Soit parce que hier,  sous l’Ancien régime,   le pouvoir qui nous  imposait nous  était tout autant extérieur  puisque  juridiquement il  venait du ciel  et du monarque de droit divin. Soit enfin aujourd’hui, parce que le pouvoir fiscal qui nous soumet est lui même perçu comme soumis. Aux   lobbies, au FMI, aux  idéologies, aux oligarchies,  aux Enarchies , aux Gafami , aux réseaux planétaires de ces  amis  qui nous asphyxient .

 

Pas un seul contribuable ne croit en effet que nous  payons des impôts que nous avons consentis. Nous payons les impôts que nous  subissons . Comme les bagaudes gaulois et pareil à  eux,  depuis 1700 ans,  nous faisons  alors  aussi  des révoltes  fiscales périodiques. Qui montrent la bonne santé mentale du pays  français refusant l’amputation fiscale de nos  libertés

Histoire de la révolte fiscale