Européenne 2019

Les gilets jaunes 2019

G.suite

Grèves au Parlement

 

Chez nous, en France, la grève c’est banal. C’est même un état normal. Les pilotes, les infirmières, les aiguilleurs, les enseignants,  la SNCF bien sûr,  voire les inspecteurs des impôts, il n’est pas une seule profession qui ne cesse le travail. En juin 2010, lors de la coupe du monde,  nous avons même inventé la grève des footballeurs. En revanche, la grève au Parlement européen c’est vraiment une nouveauté. Personne n’imaginait qu’elle puisse y exister.

 Pourtant, mardi 5 juin 2018, à Strasbourg, pendant la session plénière, la quasi totalité des 259 fonctionnaires interprètes et des 2 000 indépendants qui les assistent, se sont mis en grève. Non  pour les salaires, mais pour la dignité dans leurs conditions de travail.

 Traduire exige une immense concentration pour tout saisir de l’ironie, de l‘humour, du débit rapide, des mots techniques et des allusions de l’orateur traduit. Avec la crainte de se tromper, puisque dans tout discours politique il y a le plus souvent un langage codé. Exiger dès lors d’un interprète qu’il reste maintenant 8 heures par jour enfermé, dans l’aquarium d’une  cabine  partagée à trois, au lieu des habituelles 7heures  30  minutes déjà excessives, pose un problème de pénibilité et de mise en danger de la santé.  La preuve, deux accidents cardiaques ont été enregistrés. Tout cela pour économiser en final quelques bouts de chandelles budgétaires sur un budget d’interprétariat  par ailleurs fort modeste à 50 millions d’euros,  salaires des interprètes, techniciens, matériel et formations compris. Surtout en comparant avec les 1,9 milliard d’euros du budget global du Parlement.

Les députés ont bien perçu  la légitimité de ce mouvement social en le soutenant. Nombre de  parlementaires   arboraient ainsi, au milieu des pancartes des grévistes - proclamant « Sans ma voix, tu n’as plus ton mot à dire»-, leur  slogan sur badge rouge : « We are not robots ». 

 Le syndicaliste Edouard Martin,  député européen socialiste,  a même retrouvé ses réflexes de  combattant sidérurgiste,  lorsqu’en 2009 il s’opposait à la fermeture des hauts fourneaux d’ Arcelor Mittal. Avec une poignée de collègues il est allé  occuper la cabine technique de l’hémicycle,  couper le courant, empêchant ce faisant  l’ouverture de la séance.

Pour le secrétaire général de l’institution, l’allemand Klaus Welle, gérant les femmes et les hommes en employés d’entreprises du CAC 40, cette grève  sur le tas a été une surprise. Partisan au fond de lui d’une seule langue de travail, avoir un service d’interprètes était  déjà à ses yeux une immense concession.  Si alors  ces interprètes se mettent  en grève, pour son entendement c’était  aussi incompréhensible qu’une manifestation de ramasseurs de coton  sur une plantation.

Que les interprètes ne puissent aller jusqu’à 7h 30 par jour en cabine, soit 1h 30 de  plus par jour qu’à l’ONU, c’était hors de son champ de compréhension. Que la pause déjeuner ne puisse pas passer de 1h 30 à 45 minutes, il ne voyait pas l’obstacle. Les interprètes avaient ils vraiment besoin de plus de 45 minutes  pour s’alimenter? Et en quoi leurs horaires de travail  ne pouvaient  ils  êtres flexibles, avec du travail de nuit à la discrétion de son administration ?

Fâché  de cette grève de fâcheux, le Secrétaire général tout simplement les a réquisitionnés. Et c’est là où sa décision va bien au delà de ce conflit somme toute limité à quelques centaines de personnes.  La réquisition révèle beaucoup  du vrai système de croyances des dirigeants de l’institution.

En surface , ils affichent les valeurs de la charte des droits fondamentaux , avec son  article 28,  reconnaissant aux travailleurs le droit « de recourir « à des actions collectives pour la défense de leurs intérêts, y compris la grève » et son article 31.sur les « Conditions de travail justes et équitables » reconnaissant que  «  Tout travailleur a droit à des conditions de travail qui respectent sa santé, sa sécurité et sa dignité », comme  les chauffeurs, dont  j’ai décrit la vie,  et les serveurs des restaurants, n’ont pas eu ces droits. Et quand ils ont eté acculés à la grève pour les faire respecter, l’exercice  même de ce droit a été  entravée.

Tout est résumé là. Le Parlement européen, dans les soutes  de son cargo,  donne l’image sociale, en modèle réduit, de l’Europe en vraie. 

Groupes d’Amitié (les)

 

Les députés européens se rassemblent en différentes formations. D'abord, un député appartient à un groupe politique. Sauf les députés qui appartiennent au groupe dit des non-inscrits. Mais les députés, au-delà d'appartenir à un groupe socialiste, libéral, vert ou autre, peuvent se rassembler en d'autres formations.

Il y a ainsi les 27 délégations. Leur base est géographique. On a, par exemple, la délégation Europe - Maghreb ou la délégation Europe - Amérique centrale, Europe- Communauté andine, Iran, Canada, etc...

Mais ce n'est pas tout. Les députés ventilés aussi en commissions, et il y en a 17, s'associent aussi en intergroupes. On compte, par exemple, un intergroupe fruits et légumes, un pour la défense des animaux ou un intergroupe viticole.

Il existe aussi une autre façon de se rassembler : un groupe d'amitié. Et le Parlement européen ne compte plus ses amis sur la planète. Il y a ainsi le groupe d'amitié avec le Népal, les USA, l'Inde ou Taiwan.

Dans ce dernier cas, ce n'est pas rien  de participer à une réunion d'amitié avec le  représentant de l’île de Taïwan, héritier du Kuo Min Tang du général Tchan Kai Check.

Ces groupes d’amitié vont consister à sensibiliser le Parlement européen sur les problèmes spécifiques à tel ou tel pays. 

Dans le cas du groupe d'amitié Europe - Taiwan, dirigé par un député allemand du groupe majoritaire PPE ou Parti Populaire Européen, il s'agit de faire connaître la position de la Chine de Taiwan ou de Taipeh, du nom de la capitale, face à la puissance de la Chine continentale ou de Pékin.

C'est aussi  un reste de la guerre des années 30 et un reste de l'opposition monde communiste - monde capitaliste.

Ce groupe d'amitié s'échange des visites. Des Taiwanais viennent et des européens y vont régulièrement. Un groupe de députés Européens se rend à Taiwan régulièrement, sous la direction du député espagnol José Poméz Ruiz. Avec toutes les visites protocolaires à l'Assemblée parlementaire, au Président de la République Chen, au ministre des affaires étrangères, aux industriels et jusqu'au Président Tchan Kai Chek... en cire.

Ces groupes d'amitié sont l'occasion de faire le point sur les relations commerciales et politiques entre l'Union européenne et le pays considéré. Dans le cas de Taiwan, la question est évidemment l'avenir en relation avec la Chine de Pékin. Taiwan doit-il définitivement couper les amarres et être un nouvel État de plus sur la planète ? Et reconnu par qui ?

Pour l'instant, ce sont surtout des représentants du Pacifique, comme les îles Marshall, qui ont reconnu Taipeh. 

Ces groupes, il ne faut pas aussi se leurrer, sont des groupes de pression. Des leviers d'affaires. À l'occasion des découvertes de l'agriculture chinoise, l'ingénierie qui bâtit des tours ou de l'industrie électronique, évidemment, sur le modèle du Japon ou des dragons de l'Asie. Sans parler de l'armement.

Le groupe d'amitié, comme l'intergroupe ou la délégation, peut aussi se trouver en concurrence au Parlement européen avec un « lobby adverse ». C'est vrai des « pro corrida » et des « anti corrida », des « pro Polisario » et des amis des provinces sahariennes du Maroc ou du « groupe d'amitié » Europe - Taiwan et de la Délégation pour les relations avec le peuple de la République de Chine. Par exemple, en octobre 2008, celle-ci organisait au Parlement européen, sponsorisée par une société « Industrial satellite town » », une grande expo d'une vingtaine de stands, avec concerts, documents, CD, cocktail, films

Groupes politiques : Huit, plus les non-Inscrits

 

Les 751 députés de 2018 se répartissent  en  8 groupes et un groupe voiture balai : les non-inscrits. Mais le nombre varie. De 2004 à 2009 par exemple, on en comptait sept, un nombre habituel tant le règlement intérieur du Parlement, entre les mains de la majorité, pose par précaution des conditions sévères pour entraver leur libre constitution.  Afin d’éviter que trop de groupes ne viennent troubler la domination des deux mastodontes, socialistes et conservateur démocrates-chrétiens, qui captaient et regroupaient à eux seuls, en 2018, avec 406 députés, 54 % des élus.

Pour constituer un groupe politique, l’article 32 du règlement exige d’abord 25 députés, contre 20 seulement auparavant. Plus sévèrement encore, ces 25 députés doivent avoir été élus dans au moins un quart des Etats membres. Soit sept Etats en 2018.

Mais au-delà de ces deux critères arithmétiques, qui se sont prêtés d’ailleurs à manipulation, par leur augmentation à la demande de la majorité pour priver des opposants de la logistique d’un groupe, une troisième condition, qui par le passé s’est révélée redoutable a été rajoutée. Les députés ne peuvent s’organiser en groupes que « par affinités politiques ». Et c’est la majorité du Parlement qui apprécie la réalité de ces affinités. Avec la porte ouverte on l’imagine à tous les abus, lorsqu’il s’agit de peser et soupeser, dans une balance de toile d’araignée, les œufs de mouche de ces affinités. De fait, des contentieux sont nés sur la question. En juillet 1999, la commission constitutionnelle du Parlement estima que le groupe technique, constitué par tous les non-inscrits d’alors, ne reposait pas sur une sorte d’affectio societatis ou d’affinités politiques.

Le président du tribunal   européen saisi à ma demande accorda, par une ordonnance du 25 novembre 1999, Martinez contre Parlement européen, le sursis à exécution de l’acte de dissolution du groupe technique qui n’aurait pas présenté ‘d’affinités politiques ». Mais au fond, par un arrêt du 2 octobre 2001, lui-même confirmé plus tard, le 21 février 2002, par le président de Cour de justice, le Tribunal de première instance confirma l’importance du critère des « affinités politiques », en refusant d’annuler l’acte de dissolution du groupe technique.

Depuis, le contentieux a servi de leçon et la déclaration   de constitution d’un groupe est accompagnée d’un exposé de ses valeurs et objectifs politiques. En l’absence, les députés sont des non-inscrits, disposant tout de même d’un secrétariat et d’une salle pour leurs réunions de groupes.

De 2004 à 2009, le plus grand groupe est conservateur, démocrate-chrétien : le PPE. Pour Parti Populaire Européen. En 2008, il est  présidé par un Français- Joseph Daul,  un miracle pour un groupe dominé par 49 allemands. Il est vrai que notre  Français était alsacien.... Rond et paysan.

Le groupe socialiste, avec 218 députés, était le deuxième en importance. Présidé par un allemand plus vrai que nature, alors que les français, avec 31 membres dominent les 23 allemands. Il est vrai que le Français J-P Cot, ancien ministre de la coopération de F. Mitterrand, l'a présidé de 1989 à 1994. L'espagnol Baron Crespo en a été aussi le président.

Il y a un groupe libéral, de 104 membres, avec forcément un anglais à sa tête. Qui plus est, il s'appelle Watson. 

Le groupe vert, allemand évidemment, avec les Grünen, a eu la curiosité d'avoir deux présidents: le franco-francfortois Daniel Cohn-Bendit et l'italienne Monica Frassoni. 

La GUE, pour Gauche Unie Européenne, est le groupe communiste. Curieusement le plus ouvert. Avec des allemands sympas, des grecs et des chypriotes non sectaires et un président français Francis Wurtz, curieusement ancien secrétaire de Georges Marchais, alors que tout son  style est giscardien. Sauf la barbe fine. On l'aurait imaginé à l'Élysée, de 1974 à 1981, à la Curie romaine, dans une salle de chirurgie disséquant l'Europe dans la précision métronomique d'un grand patron du Komintern.

Il y a eu aussi, de 2004 à 2009, - et de 2014 à 2019 d’ailleurs aussi-, un groupe avec trois Français de Philippe de Villiers, présidé par un eurosceptique aux prêches incendiaires d'antipapiste de la « Rome bruxelloise » : l'anglais Farage, appuyé sur un pack de dix Britanniques entre  finesse des All blacks,  douceur climatique de Cardiff et  fair-play de Twickenham. 

Ces groupes font la loi, les temps de parole, les amendements, le programme, l'agenda, les rapports, enfin bref, toute la vie du Parlement. Y compris les postes. Les présidents. Les avantages.

Hors d'un groupe, la vie est difficile. Par le passé une poignée de Français, de Flamands, de Bulgares, d'Italiens ont quelques fois réussi à s'unir pour faire un groupe national, identitaire, contestataire. En 2007 par exemple, il s'appelait « Identité,  traditions et souveraineté ». Mais à la limite des conditions de nationalités et du nombre de députés, puisqu'il faut 7 nationalités et 25 membres, ces groupes à la marge numérique sont fragiles. À la merci de la moindre défection et de la modification du règlement par la majorité pour éliminer le groupe  qui lui déplait. Par exemple aujourd’hui, son article 32§ 2, exige un nombre minimal de 25 députés, quand en 2007 seuls 25 étaient exigés.

Les SDPF, députés sans domicile politique fixe

      Reste alors, pour les députés non « agréables » à figurer dans le sac des députés fongibles, des députés SDPF, Sans Domicile Politique Fixe. On les appelle les non-inscrits. Ce sont les députés sans papiers. Avec moins de droits que les autres. 

Comment et pourquoi un député européen finit-il dans le groupe des non-inscrits ? Parce que le Parlement limite le droit des minorités à se rassembler en un groupe politique. Comment ? En exigeant un nombre de nationalités et un nombre de députés, nécessaires pour faire un groupe, de plus en plus sévères. En effet, dès que les minoritaires remplissent les conditions numériques pour faire un groupe, le Parlement modifie le règlement pour rendre les conditions plus sévères et empêcher ainsi la constitution du groupe. Privant les députés des moyens d'exprimer publiquement leurs pensées.

En 2008, ces non inscrits  étaient 31. Soit plus que les 22 du groupe officiel des souverainistes : Indépendance et démocratie de Philippe De Villiers. 

Les 31 non-inscrits relevaient de 9 nationalités, avec 7 Français et 7 Anglais. On y trouvait des Tchèques, des Slovaques, des Italiens avec un champion d'Europe de foot, Giani Rivera, la petite-fille de Mussolini et aussi un des survivants du parti de la Fiama, c'est-à-dire l'ancêtre italien du Front national français, Luca Romagnoli. 

Les non-inscrits avaient soulevé, en 2000, le problème de leur statut. Sous l'influence des députés italiens radicaux. Ils réclamaient le statut de groupe indépendant comme le droit parlementaire italien le reconnaît. Avec une égalité de droit avec les autres groupes. Les non-inscrits ont un statut parlementaire minoré. Certes, ils peuvent parler, avec peu de temps de parole. 8 minutes par jour à se partager à 31.

Mais ils ne peuvent ni déposer d'amendements, ni déposer de résolutions.

Si un député non inscrit veut déposer un amendement sur le budget européen, par exemple pour créer une fête européenne des maires, il est obligé de mener une immense action de lobbying et d'aller de bureau en bureau pour faire signer l'amendement et avoir ainsi une chance de le présenter. Notamment en séance plénière. 

Ces députés peuvent se réunir mais sans traduction. Ils n'ont pas le droit toutefois de se réunir, avec l'assistance financière et logistique du Parlement, dans un des 27 pays de l'Union. 

À Bruxelles, ils  eurent  droit un temps  à un secrétaire général, un Portugais « à nœud pap », Bugallo et à deux collaborateurs. 

Leur statut politique est encore amoindri par le fait qu'ils sont  souvent émiettés en sous groupes. Un de ces sous groupes peut alors mutualiser le temps de parole, les travaux, les propositions de votes, les postes en commissions, les voyages. Du coup,  les non inscrits  restant atomisés sont vraiment sans moyen d’exister.

En dépit des apparences, non inscrit est une situation confortable. Le député a beaucoup plus de liberté. Il gère lui-même son budget politique appelé « ligne 4000 » et finançant les publications. Surtout le non inscrit n'est pas dans les mâchoires d'une administration. C'est le seul député libre du Parlement. Il ne vote qu'en conscience, sans la férule politique d’une  bureaucratie d'appareil. Il a une totale souplesse de comportement.

En terme juridique, seul le député non inscrit n'exerce pas un mandat impératif. Il n'est pas asphyxié par des heures de réunions de groupes, soumis à la discipline de coordonnateurs. 

La semaine des réunions de groupes, les non-inscrits se réunissent deux heures et se ventilent le temps de parole. Dans les grands groupes, au contraire, les réunions de travail collectif durent deux jours. La perte de temps est énorme.

GUE, le groupe communiste euro compatible

 

Sous un sigle qui signifie Gauche Unitaire Européenne et Gauche Verte Nordique, c'est le groupe communiste au Parlement européen. Il a été présidé, on l’a dit, dix ans durant, de 1999 à 2009, par le communiste Wurtz, député européen depuis 1979, ancien secrétaire de Georges Marchais. Avec une silhouette giscardienne, bien qu'il se prénomme Francis  et non Pierre-Edouard ou Ladislas, comme ceux dont il a le style, un teint , une onctuosité de Cardinal de l'Eglise du Komintern, une modération de jésuite et au total un vrai poids politique au sein du Parlement européen.

L'homme y a séduit et  a maintenu un Parlement européen en respect vingt ans durant, qui lui sait gré d'avoir passé « le Gué » séparant le peuple euro inquiet de ses guides euro privilégiés.

Ce groupe GUE est pluriel, confédéral. On y a  trouvé des communistes espagnols amicaux  comme le professeur de médecine Merset, des communistes grecs défrayant parfois la chronique people, comme savait le faire Papandréou et sa pulpeuse hôtesse de l'air,  des danois transfuges du groupe des chasseurs  français de Saint-Josse,  même le pape de la science politique française, le professeur Maurice Duverger, rarissime député, avec Ari Vatanen élu sur la liste des candidats d'un pays autre que le sien, mais surtout Arlette Laguiller en personne et Alain Krivine qui, de 1999 à 2004 , ont  enterré  un mandat durant la hache de guerre trostyste et léniniste  contre les « crapules staliniennes » , pour siéger tous ensemble réunis, et même dîner  un soir, un seul soir , le dernier jour de leur mandat , dans un grand restaurant de Strasbourg.

Avec 46 membres, c'était, de 1999 à 2004, le 4ème groupe du Parlement. Il venait après le PPE ou Parti Populaire Européen, présidé alors  par l'Allemand Pôttering, sorti d'un casting d'officier de division blindée fonçant sur les Ardennes, le PSE, Parti Socialiste Européen, présidé en ces temps par un malin socialiste espagnol, Enrique Baron Crespo, tout droit sorti d'un roman picaresque, et ELDR, le Parti européen des libéraux, démocrates et réformateurs, dont le président irlandais, Pat Cox, avait succédé à  Nicole Fontaine. Deuxième présidente française du Parlement qui avait réussi l’exploit de traverser toutes les décennies de sa vie politique avec la fraîcheur d’une  robe à fleurs et chapeau de paille  roulant  à bicyclette au milieu des champs de pommiers.

En 2018, héritier des différents groupes parlementaires communistes ayant existé depuis 1973, le groupe Gauche unitaire européenne et Gauche verte nordique rassemble large avec les Grecs de Syrisa, les espagnols Podemos, Die Linke d’Allemagne ou les insoumis de J L Mélenchon,  lui-même ancien député européen du grand sud-ouest élu en 2009. Pablo Iglesias, leader de Podemos et de la grande moyenne bourgeoisie madrilène, a été aussi un an durant, de 2014 à 2015, député inscrit à la GUE.  Ce sont 51 députés européens, du Gotha progressiste continental, où il y a peu d’ouvriers et beaucoup de beaux quartiers, présidé depuis 2012 par l’allemande Gabriele Zimmer, en sixième force politique du Parlement par  le nombre de sièges.

Pour son programme, le groupe GUE veut faire bien sûr  table rase de Maastricht, rendre « pleinement démocratiques » les institutions, avoir un  nouveau modèle de développement écologique rompant avec le néolibéralisme pour un « espace social commun », avec une  politique de co-développement et de coopération « équitable. Mais, en attendant le grand soir, comme les 16 députés  RN du groupe d’en face,  « Europe des Nations et des Libertés »,   attendent eux le petit matin des aurores nationales nouvelles, les députés GUE sont forcément à l’intérieur du système. En compromis historique  bourgeois inévitablement permanent.

Voir : Nicole Fontaine