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Elections et « arrangements »  en famille

 

La Grande Bretagne,  on le sait,  est le pays du scrutin majoritaire. En France aussi d’ailleurs. Sauf que nous, pays de la grande cuisine, nous avons inventé un scrutin majoritaire à deux tours, pour permettre aux grands chefs de nos  partis de se mitonner, entre eux et entre les deux tours, des petits  plats électoraux bien garnis.

 Le Parlement européen, lui, est le temple de « la proportionnelle », mais mixée avec de bonnes recettes françaises de la cuisine électorale familiale, plus un petit zeste d’épices politiques tropicales. Je m’explique.

Tous les organes du Parlement, président, questeurs, bureau,  commissions, délégations, attribution des rapports, tout se fait à l'élection proportionnelle. Un mode de scrutin qui  comporte des variantes techniques. On parle ainsi de proportionnelle à la plus forte moyenne ou au plus fort reste. Il existe aussi un système proportionnel belge appelé système d'Hondt, du nom de son inventeur. C’est ce  système,  faisant la part belle aux grands partis ou grands groupes politiques, qui est utilisé au Parlement européen. Et il entraine une déformation électorale d’autant plus grande qu’il  se combine avec une « fraude à l'esprit de sa propre loi » à partir d’ententes électorales  entre les « cartels politiques » du Parlement, PPE de droite, Alliance socialiste de gauche et leurs alliés, libéraux entre autres. Un peu comme si un Medelin politique s'alliait avec Cali d’un autre groupe d’amis, pour se partager le marché des présidences, des vice-présidences, des questures, des bureaux, des voitures, des honneurs.

C’est ce  mélange de l'oligarchie et du système d'Hondt qui donne aux  élections internes du Parlement Européen le charme discret de la bourgeoisie, où chacun sait le beau «  linge propre  se partage en famille ». Au besoin en humectant d’un voile de senteurs  tropicales. Du temps où les grands pères de ses belles dames et beaux messieurs faisaient le commerce triangualire avec leurs beaux bateaux du Congo.

Pour bien me faire comprendre , voici deux exemples . Je les prends bien anciens, en 2007,  pour qu’il y ait prescription.

Élection des présidents et vice-présidents des commissions  : loi de « Hondt » ou de « Honte».

 

Dans les 20 commissions et les deux  sous­-commissions (sécurité et défense et droits de l'homme), le Parlement européen doit procéder, à mi-mandat, à l'élection de ses présidents et de ses quatre vice-présidents. L'attribution des postes se fait selon la règle proportionnelle mentionnée, baptisée système d'Hondt. Selon ce système, un groupe même marginal, par exemple en 2007 le groupe  dit « Identité, Tradition, Souveraineté » (ITS), fait de Français, Belges, Roumains, Italiens, a pu avoir  droit à deux vice-présidences. La première vice-présidence à la Commission de la culture était pour  une Roumaine du parti de Romania Mare, et la troisième vice-présidence à la Commission des transports et du tourisme pour un italien ,M. Luca Romagnoli, du Mouvement Social Italien.

À la Commission de la culture d’alors , le président, M. Sifunakis (socialiste grec) fut élu par acclamation. Pour la première vice-présidence, Mme Moisuc, qui avait rappelé ses titres universitaires et son mandat de sénateur roumain, membre de la Commission culture, devait être élue par acclamation s'il n'y avait pas d'opposition.

Deux groupes, qui s'étaient concertés auparavant, demandèrent un vote à bulletin secret.

Comme par hasard, il n'y avait pas de traduction roumaine et Mme Moisuc a dû s'exprimer en français, en biaisant  des règles de fonctionnement du Parlement européen où un parlementaire doit pouvoir s'exprimer dans sa langue (art. 138 du règlement).

Sur le bulletin de vote, figuraient deux cases que devaient remplir les membres de la Commission culture : dans l'une figurait la mention « oui » (c'est- à- dire favorable à Mme Moisuc), dans l'autre la mention « non » (défavorable). Sur 37 bulletins exprimés, il y eut 32 non, 4 oui, de   députés anonymes courageux, et une abstention.

Mme Moisuc recalée par la Commission culture, malgré le « gentleman's agreement » entre les groupes, la dite commission  pouvait alors présenter à la 1ère vice-présidence un membre du PPE hongrois,  normalement prévu pour occuper la 4ème vice-présidence. Il sera élu par acclamation.

Du coup, à sa place, en chaise musicale pour la 4ème vice-présidence, un libéral finlandais était « élu », jouant le rôle du « coucou » et excluant ipso facto Mme Moisuc d'une vice-présidence. A laquelle elle avait légitimement droit.

C’est le premier petit exemple de petite cuisine familiale. Parce que si au Parlement on a des valeurs, il suffit qu’elles soient culinaires, sans avoir besoin d’être en plus  électorales.

Urne baladeuse

 

J’en arrive à un deuxième exemple. Plus sophistiqué, avec deux étoiles au Michelin de la cuisine politique  huppée. C’était un  19 juin 2007 et c'était à Strasbourg. Les députés membres de la  future Eurolat ou Assemblée Europe-Amérique latine, se réunissent ce  jour là  dans l'effervescence pour élire le Président. L'élection était serrée entre le socialiste italien Claudio Fava et le PPE José Ignacio Salafranca. Celui-ci avait pris la peine d’un « tournoi Open », avec  « rencontres »  qui n’excluaient personne , même pas « les petits frères des pauvres » ...politiques. Dans une atmosphère à couper au couteau, chaque camp observant l'autre, l'élection a lieu par bulletin déposé dans une urne. Trente minutes de dépouillement sont nécessaires pour découvrir que le candidat PPE est élu, avec  juste  deux  voix de majorité. En confidence , ce sont les deux  voix  d’un député flamand,Ph. Claeys du Vlams Belang,  et la mienne.

La deuxième étape peut commencer pour élire les quatre, cinq ou six vice-présidents. On commence à nager dans le flou. La délégation espagnole du PPE doit normalement,par sentiment de reconnaissance, renvoyer l'ascenseur et faire élire vice-président un des deux qui avait fait roi un des siens . Le nouveau Président flotte. Chacun voudrait revenir aux habitudes  de l’ entente PS-PPE pour se partager,  dans cette grande  famille, les vice-présidences selon la vieille technique de la « loi de  hondt ».

Contraintes et forcées, par une demande de vote de droit, les candidatures se déclarent : le communiste William Meyer,  espagnol malgré son nom, le vert Alain Lipietz, un libéral et on suscite même la candidature d'une non inscrite Mme Belohorska.

Le vote se termine. On emporte l'urne.  Au lieu de dépouiller devant tout le monde, un groupe de députés, dont un candidat, emporte l'urne dans une pièce inconnue. Comme le dépouillement dure, les députés, surtout de droite, s'en vont. L'urne revient. Et le résultat tombe : le socialiste Claudio Fava est élu au 1er tour pour le poste de 1er vice-président, mais, pour les autres postes, quatre  candidats sont ex aequo avec 25 voix chacun, dont le vert Alain Lipietz, la non inscrite Mme Belohorska et moi  même.

Qui peut croire que quatre députés sont à égalité?

Le Président flotte encore. Normalement, il suffirait de recompter les bulletins. Il décide de repasser au vote. Mais il est 19 heures. Les députés sont partis. Il faudrait remettre à demain. Non ! Le Président ne laisse qu'un délai de 30 minutes pour revoter. Toujours dans l'urne baladeuse.

Il faut retrouver les députés. Beaucoup sont déjà à leur hôtel. Le Président socialiste Schulz est alerté. Il alerte le groupe  PPE et il menace on ne sait trop de quoi les députés gênés.

Les députés survivants revotent. Quelques-uns alertés, essoufflés, arrivent comme Nathalie Griesbeck, députée UDF qui en universitaire soutien le collègue de l’université . La gauche est au complet. L’urne repartie, on  redépouille en cuisine, puisqu’il faut recuisiner. Le résultat tombe et l’honnêteté aussi. De 25 voix, je passe à 14.

La « curiosité »  est si manifeste que la conférence des présidents se saisit du dossier la semaine d'après et décide de recommencer l'élection. Cette fois à Quito, à 3000 mètres d’altitude, sans doute pour prendre de la hauteur ...

Voilà.On en vient à sourire affectueusement de cette cuisine familiale pratiquée délicieusement. Puisque c’est une seconde nature.C’est ainsi.Depuis plus de deux siècles une « classe sociale », comme on disait avant, s’étant  emparée des « biens nationaux », quoi de plus naturel qu’elle s’empare aussi aujourd’hui des biens électoraux ?

 

Escaliers du Parlement

 

11 y a beaucoup d'escaliers dans l'histoire de l'humanité et de l'architecture. L'escalier du Casino de Paris avec Mistinguett, Zizi Jeanmaire ou Cécile Sorel et sa phrase mythique : « L'ai-je bien descendu ...?». L'escalier du festival de Cannes qu'il faut au contraire monter. Comme d'ailleurs l'escalier pour l'échafaud.

Il y a aussi un des 63 escaliers de Chambord et la merveille de Léonard de Vinci. L'escalier François 1er au château de Blois et tous les escaliers de la Renaissance dont soixante quatorze  à Azay-le-Rideau. Peut-être même que les jardins suspendus de Babylone avaient un escalier. Et puis, il y a les escaliers dérobés, l'escalier de service, celui de secours.

Enfin bref, de la Tour Eiffel aux Twin towers, on ne compte plus les escaliers et il ne viendrait à l'idée de personne de les admirer. Sauf au Parlement européen.

Il y a d'abord l'escalier de Bruxelles devant l'hémicycle. Il est impressionnant par sa cage immense, avec un mobile géant fait de tubes d'acier qui tentent de monter vers les étages. Comme une plante vers la lumière.

Mais l'escalier événement, c'est celui du Parlement de Strasbourg. Certes, Strasbourg a aussi des escaliers bien simples. Comme dans un bateau. Ainsi, pour aller au restaurant du niveau moins 1, les députés sortant de l'hémicycle descendent un escalier Lapeyre ou Union des matériaux. Il y a aussi l'escalier roulant en inox. Mais déjà plus beau que l'escalier roulant type Orly. Parce qu'ils sont en batterie comme dans les grands magasins ou le Palais des Congrès de Hong Kong.

A droite de l'hémicycle, il y a un escalier héritier d'une vis de Léonard de Vinci. Il enroule le noir et le verre et le blanc élégant. Souple, aérien. Il ondule. Se prélasse. Liane, lierre, il  monte vers nulle part, pour monter, dans la lumière, comme une fumée de l'époque des cigarettes Gitanes, silhouette de femme sortie d'une lampe magique d'Aladin. Il est la grâce, la fragilité, nénuphar, récital de Carolyn Carlson, ballerine dans le Lac des Cygnes. On ne l'imagine que pour Noureïev et Cendrillon, qui ne le descendrait qu'en l'effleurant. Il a quelque chose d'un duvet s'enroulant en spirale qui rend même les lâchers de ballons un peu lourds.

Cette merveille à côté d'un hémicycle où tout est pesant, les discours, les idées, bien des hommes et des femmes aussi, c'est comme un lévrier à côté des quatre pattes d'un pit-bull du 9-3, une danseuse étoile à la sortie d'un congrès européen des gérants des Mc Do ou de Partner d'une multinationale de l'audit.

Qui sait, l'architecte qui a construit ce Parlement,  au  plafond déjà  effondré en 2008, connaissait  il  la vérité. Comme dans le Da Vinci code ou l’imprécateur de René-Victor Pilhes, il y avait un secret caché au Parlement : Il avait été construit  pour qu'il tombe ! Afin que seul subsiste  debout l'escalier,   débarrassé de sa gangue de couloirs. Un escalier en majesté,  comme une éolienne dans un film de Sergio Leone.

Etiquette vestimentaire et oratoire dans l’hémicycle (L’)

 

Une séance du Parlement européen c’est visuellement surprenant. Des députés manches de chemise retroussées, lisant ostensiblement leur journal pendant qu’un de leurs collègues s’exprime; une député  verte allemande avec son landau et le bébé dans l’hémicycle, la député Forza Italia Lucia Rouzelli maternant sa petite fille encapuchonnée, de quelques mois, sous les flash et les caméras ou  un député, manifestement bavarois, en  Lederhose, la culotte de cuir des montagnards du Tyrol, s’arrêtant au-dessus des genoux, c’est le Parlement à Bruxelles, le Parlement à Strasbourg, le caravansérail continental et son hémicycle où  on  peut tout trouver...,même quelques députés.

Le latin obligatoire pour s’insulter ....

 

Par exemple, en juin 1993, le député écossais, M. Falconer, vitupérant au micro, à gauche de l’hémicycle, « si ces ordures d'en face veulent se répandre dans les rues d'Édimbourg, je saurais les en empêcher... ».

Dans la même veine, en octobre 1990, parce que Valéry Giscard d’Estaing député européen   et son groupe politique, n’avaient pas manifesté assez de diligence pour faire adopter un rapport du socialiste anglais Glyn Ford, une des collègues de celui-ci, van Hemeldonck Marijke, retrouva les emportements et la formule de Napoléon à l’encontre de Talleyrand, aux Tuileries en1809. Pour qualifier rien moins que l’ancien Président de la République française de « m... dans un bas de soie », formule qui ne suscita que la seule indignation du député européen originaire de Lyon, protestant au nom de la dignité ...des canuts.

Il est vrai que la formule choquante surtout par sa banalité, se rachetait au moins par son côté charretier franc du collier. Ce qui était à tout prendre plus sain que la venimeuse piqûre  d’un premier ministre belge onze ans après. Au soir du sommet de Laeken, le 17 décembre 2001, il commentait en effet la désignation du président  Valéry Giscard d’Estaing, à la tête de la convention chargée de rédiger la constitution européenne, par la formule : « on ne m’a pas fait de rapport sur les handicaps (des 75 ans) de M. Giscard d’Estaing et il est bien entouré »...Par deux vice- présidents.

Dans cette atmosphère un peu relâchée, d’une l’assemblée  européenne sans grande tradition, la contagion se fait vite .Ainsi, pourtant énarque de père en fils et en conjoint, pourtant aussi plus habitué familialement à tailler des pierres précieuses que des croupières et ayant été formé   à l’étiquette dès sa première brassière , le député européen   François Froment Meurice,  en un seul jour dans  l’hémicycle, un 17 novembre 1993 , pouvait dégrader son collègue  Le Pen du rang de lieutenant à celui de « caporal » , forcément « petit », et s’en prendre à une des figures du Parlement et de la  politique Luxembourgeoise , Astrid Lulling. Pour la qualifier, en dépit de sa maîtrise de l’imparfait du subjonctif, rien moins que de « stupide et de c.… ». Ce à quoi elle répondra illico : « même au risque d’être encore qualifiée de stupide et de c..., je puis assurer mes collègues, ici, mais aussi l’opinion publique luxembourgeoise que le continuerai ..., comme je l’ai fait 25 ans à la chambre du pays, à défendre avec insistance les intérêts justifiés de mes électeurs. C’est à eux qu’il appartient de juger qui a fait le c.… et qui a fait le travail qu’ils ont en droit d’attendre de leurs élus.

J’espère que Monsieur Froment–Meurice retirera devant la presse luxembourgeoise les expressions qu’il a utilisées ».

A ces quelques classiques des incidents dans les travées et du parler des cours de récrés, il faut ajouter tout le florilège Cohn-benditinien, déjà rappelé,  durant les 20 années, de 1994 à 2014, où le président des verts a distribué dans l’hémicycle, au parfum des AG des facultés occupées, des « Tais-toi pauvre fille !" à une collègue française  ou un mémorable "Ta gueule" au Président socialiste allemand en 2010.

Mis bout à bout, ces petits incidents dessinent un Parlement finalement pas très différent des  autres. Puisque dans toutes les assemblées on s’est habitué aux  noms d’oiseaux, aux  empoignades, aux  bousculades, voire aux horions, mais rarement aux  gnons. Le Parlement européen alors, même avec sa charte des droits fondamentaux et même en distribuant des prix Sakharov pour les libertés, peut aussi parfois déraper. Sur le respect, la dignité, pourtant proclamée à l’article 1er de sa Charte,  ou la liberté de pouvoir s’exprimer. Consacrée  aussi dans ce document (art 11).

C’est précisément ce qui fait son humanité et son originalité. Il est autre chose que les Parlements nationaux. Avec une autre atmosphère et d’autres façons de faire. Parce qu’au fond cette assemblée, au style plus relâché, sinon débraillée, est peut-être moins catholique, aurait dit Weber, et plus protestante.  Ses membres venus du nord, des pays IKEA, veulent du simple, du dépouillé comme un temple, du bois, des couettes, des discours en Kit, faciles à emboîter, et n’ont donc pas besoin de cérémonial et d’étiquette,

Ce qui est d’ailleurs très bien ainsi. D’autant que la première doyenne d’âge de ce  Parlement,  en juillet 1979, Louise Weiss, a eu une vie politique tout sauf étiquetée.

Voir : Lulling. Prix Sakharov. Weiss Louise.

 

Expositions au Parlement (Les) 

 

Au Parlement européen, on fait de la politique presque accessoirement. Parce que  l'essentiel de l’activité  c'est l'art. Tous les arts. L'art politique, l'art de faire croire,  l'art classique de parler pour ne rien dire, celui  de faire du neuf avec toujours les mêmes questions, mais aussi  l'art pictural, sculptural ou architectural. Et même le 7ème art, avec un festival de cinéma.

Architecture, sculptures

 

Le Parlement européen, d'ailleurs, en plus de sa collection de 387 œuvres d'art moderne des quatre coins de l'Union, venant souvent de donations,  est à lui seul une œuvre d'art. Colossale. Stalinienne . Avec à Bruxelles un escalier à vis et un puits de métal enroulé, en torsades, dont on croit  parfois que ce sont des restes des poutrelles tordues  des Twin Towers du 11 septembre.

Il y a aussi un cheval géant en métal sous la verrière haute comme l'ambition européenne qui finira bien par tuer quelqu'un le jour où elle tombera. Je parle de la verrière sur la tête des députés. Parce que déjà en 2011 , c’était  le plafond de l’hémicycle de Bruxelles qui était  tombé. Comme à Gênes le pont Morandini. On sent donc qu’ici un jour l’accident va frapper.

Brocante et musée

 

Il y a les expos. Parce que le Parlement, c'est le plus grand musée et la plus grande brocante avec des fauteuils et des vitrines où l'on trouve de tout, depuis la Constitution espagnole de 1978, dont on se demande ce qu'elle fait là, jusqu'à une maquette de tout le « Caprice des Dieux ». Parce que c'est ainsi que l'on appelle l'amoncellement des bâtiments du Parlement.

La même semaine, du 7 au 9 octobre 2008, il peut y avoir quatre expos. Une géante de la Chine de Taiwan avec 20 stands, une autre sur Gaudi et son architecture tourmentée, une troisième sur l'émigration espagnole profonde pour l’Amérique latine ou hirondelle pour les vendanges dans le Languedoc, avec le slogan « Me voy » et une expo sur le cancer du sein.

Il y a l'exposition ordinaire et l'exposition tsunami.

La première est déjà curieuse. Puisqu'elle va d'une fusée dressée au 3ème étage à un ours naturalisé et tout aussi dressé sur ses pattes arrières, en passant par un pompier en combinaison anti incendie et des écrans géants présentant, par exemple, Benfica et son football ou Zaragoza et son sommet sur l'eau.

Mais de mémoire de vieux député, tout  cela reste de la routine à côté de la semaine africaine . Qui n'a pas vu cela ne peut le croire dans  un  Parlement. Des centaines d'affiches en tous lieux, même dans les ascenseurs, les couloirs, envahis par des dizaines de silhouettes d'africaines, dressées grandeur nature, en contreplaqué ; un studio géant avec des queues tout aussi géantes pour se faire photographier par Malik Sidibé, Lion d'or de la Mostra de Venise ; des stands de vente de statuettes, bijoux et objets ; des danses traditionnelles ; des acteurs, des musiciens ; une cabane; des cocktails; une estrade pour y déclamer et un bruit de fond de marché en plein air, le tout au 3ème étage notamment, devenu, une semaine durant, Douala, un sommet de Porto Alegre, la fête de l'Huma,  une brocante géante ou pas loin d'une "rave party".

Dans l'exposition, les députés ont une imagination époustouflante. De "l'archéologie et le changement climatique" au "chemin vers la liberté" en Lituanie, en passant par le textile ou l'Afrique, il y en a pour tous.

On eut même droit à  une exposition pour fêter les 30 ans de l'élection de Jean-Paul Il et les 20 ans de sa venue au Parlement européen, le 11 octobre 1988. Avec un livre de 104 pages de photos, distribué à des centaines d'exemplaires, grâce au sponsoring ...de "Gaz system" et d'une fondation bien  sûr  polonaise.

Voir :  Prix Lux