A

Absentéisme:
Quart temps, mi-temps, intermittents.

 

Il exise plusieurs  absentéismes. Le nocturne et le diurne. Le premier concerne la séance de nuit d'un mercredi par mois à Bruxelles et trois séances de nuit par mois, du lundi au mercredi, à la session de Strasbourg. Le député est dans la ville, au restaurant, au lit, dans le bureau, mais pas dans l'hémicycle.

Il y a l'absentéisme de l'hémicycle et celui des commissions. Le premier consiste à ne pas être là pour écouter ses collègues, Même les grands jours. Le mardi 13 janvier 2009, pour fêter les dix ans de l'euro, avec VGE et les pères de la monnaie unique, sur 785 députés, à 11 h 30, il n'y en avait que 98.

Le second absentéisme est plus grave. Il consiste à ne pas travailler une semaine par mois dans les commissions. Le record historique est détenu par deux françaises, de 2004 à 2009 et de 2014 à 2019. En  cinq ans de mandat, elles ont  pu être absente, en commission de travail, durant 100 % des séances.

Il y a l'absentéisme des débats et l'absentéisme du vote. Le premier est très fréquent. Les débats en plénières, en effet, se déroulent avec une rotation de 40 membres environ. Le rythme est le suivant : un orateur arrive trente minutes avant de parler. Temps de parole de 1,30 minute environ, reste 15 minutes après son speech et s'en va.

L'absentéisme de vote est rare  puisque seul à être sanctionné. Par une retenue de 50 % sur l'indemnité journalière de 310 euros. La prime « casse-croûte ». Le député devant faire 50 % des votes publics,  appelés « votes par appel nominal » ou « votes sociaux ».

Comme ces votes ont lieu trois jours par mois à Strasbourg et un mercredi par mois à Bruxelles, de 11 h à 12h30 ou de 11h30 à 13h30, selon la masse de  textes à adopter, le député a minima n'est au Parlement européen que  durant 7 heures et  30 minutes par mois.

Il y a encore l'absentéisme du lundi après-midi et du jeudi après-midi à Strasbourg. La session plénière mensuelle du Parlement va en effet du lundi 17 h au jeudi 17 h. Mais la plupart des députés n'arrivent le lundi que vers 19 h et repartent quasiment tous le jeudi à 14 heures.

Jusque dans les années 90, la session allait du lundi au vendredi. L'absentéisme était alors repoussé au vendredi midi.

L'absentéisme a toutefois du bon. Il crée une atmosphère studieuse dans la poignée des députés présents. C'est là que se crée la considération et que le député peut accéder au statut de « figure » du Parlement. En étant un permanent connu et reconnu dans la masse des quatre-temps, des mi-temps et des « intermittents du spectacle » parlementaire. La présence dans l'hémicycle, surtout la nuit, est un vrai problème.

Prime de match                                            

Le Président du Parlement cherche depuis toujours une solution. Il y aurait bien  la possibilité d'une prime d'assiduité. Après tout, il y a bien une prime de match au foot. Pourquoi pas alors chez les députés ?

Le problème serait alors  de savoir comment calculer la prime. Comme le temps de parole par député dans l'hémicycle est d'une minute, on pense à une prime par minute de présence. Mais à combien d'euros la minute ... ?

Les avocats des grands cabinets américains sont déjà payés à la minute de consultation, pourquoi pas les députés ?

Interro surprise


  Aussi D. Cohn-Bendit a proposé, en mars 2006, un curieux système emprunté à un pion de lycée. Pour obliger les députés à être là, des votes surprises seraient organisés à n'importe quel moment de la journée. Ces votes étant électroniques, avec enregistrement du nom du député, les absents auraient une amende. Au bout de 50 % d'absence dans les votes, « l'indemnité journalière de panier» serait amputée, voire supprimée.

On comprend là pourquoi D.Cohn-Bendit a été éducateur dans une école de Francfort. Parce qu'il a le goût de l'interro.

 

Agence de voyage (L’)

 

Un poulet, c'est un sac de maïs sur deux pattes et un député, c'est deux pattes plus une valise roulante. Le député européen, en effet, voyage. Il ne fait que cela. Le lundi, il part d'Helsinki, d'Andalousie, de Montpellier, de Dublin ou de Malte. Il monte dans un avion. Il descend à une escale. Il prend un taxi, un train. Il arrive à Bruxelles où il reprend un autre taxi ou une voiture. Il pose sa valise au bureau. Il y reste une heure ou des heures. Il repart. Une nouvelle voiture, un nouveau taxi, l'hôtel, la gare ou l'aéroport. Le jeudi, il fait le chemin en sens inverse.

Une semaine par mois, il ne change que de destination puisqu'il va à Strasbourg. Avec une c gymnastique invraisemblable entre Lisbonne et Paris-Orly ou la gare de l'Est et Strasbourg, s'il est portugais, des escales à Francfort s'il est de l'Europe du nord et à Bâle-Mulhouse s'il y a du brouillard.

Mais ce n'est là que la routine. Parce qu'il y a la Namibie ou la Papouasie si le député est à la délégation Afrique-Caraïbes, La Paz à 3700 mètres d'altitude en Bolivie, en transitant par Madrid et Lima, s'il est membre du Parlement Euro-Amérique latine, ou la Corée du Nord s'il fait partie du Top 5 « de l'escadrille ».

C'est le club le plus fermé du Parlement européen dont chaque membre détient un nombre d'heures de vol supérieur au total des pilotes de la RAF de 1940. Ce sont les as du voyage, les Mermoz et Saint Ex de la classe business  « vol de nuit », les Top gun de la délégation.

Il y a évidemment un Français, le normand Fernand Le Rachinel, dans la grande tradition de l'aérospatiale, devenue ici l'aéroparlementaire, et bien sûr des Espagnols comme le Basque Xavier Pomes Ruiz ou le légionnaire statut 5 étoiles José Ignacio Salafranca.

Pour ces députés, chevaliers du ciel, et pour les autres, modestes mécanos de l'hémicycle, il y a une agence de voyage. À Bruxelles et à Strasbourg. Quatre personnes y officient : trois jeunes femmes et un jeune homme. Ce sont les quatre plus grands aiguilleurs du ciel, et du rail d’ailleurs aussi, de toute la planète. Ce quatuor là monte chaque jour des dizaines de voyages planétaires, jonglant entre les compagnies et les escales, Washington, Hong Kong, Santiago, Auckland, Séoul, Moscou et même Saint-Sébastien en Creuse ou Nevers. Ce sont les magiciens de la connexion. La NASA du Parlement européen. Huit heures par jour ils placent  en orbite des dizaines de députés et d'assistants. Sans aucune erreur. Aucun crash. Pas un soul loupé et aux tarifs à concurrencer les low coasts.

Ces quatre Mozart du voyage enchanté détiennent tous les secrets de la vie cachée des députés. Ils savent qui voyage avec qui, où, quand, souvent, tout le temps. Les week-ends, les vacances, les escapades, les couples euro parlementaires, les connexions politiques, les nuits transatlantiques, les liaisons de l'assistante et du député, les complicités, les rendez-vous pas possibles en Patagonie, en Arménie ou en Asie, les détours par les Galapagos ou le Tahaj Mahal. À eux quatre, ils pourraient déstabiliser toute la classe politique européenne s'ils parlaient.

Si les journalistes français consentaient à faire de l’'investigation, au lieu de faire des classements niais sur le député le plus présent et celui le plus absent, ils régaleraient lecteurs et électeurs avec un vrai travail de recherche sur l'agence de voyage du Parlement.

Dans les années 90, elle était « publique ». Avec des fonctionnaires. Comme pour les chauffeurs. Maintenant, elle est privatisée. Les derniers fonctionnaires survivants s'occupent de quelques voyages spécialisés.

Cette agence s'appuie sur un service hôtellerie où cinq magiciens de la réservation  logent chaque jour un millier de personnes   dans un Bruxelles où des semaines à l'avance les hôtels sont retenus et remplis par l'OTAN, le Parlement, le Conseil, les congrès ou les conférences internationales. Les réservations des hôtels à Quito, Le Caire, Moscou, Le Cap ou Sydney, des dizaines de délégations du Parlement européen, ce sont eux. Plus les séjours mensuels à Strasbourg. Pour 6 200 personnes environ.

L'agence de voyage et le service hôtellerie, c'est l'intendance. Et elle suit dans l’efficacité, sans jamais un seul raté au fil des années.

Ils sont doublés, pour les non députés,  par une agence qui fait les séjours touristiques de vacances. Type Fram ou Club Med. Ce qui confirme que le Parlement européen est bien une ville dont l’activité législative et politique finirait presque par être oubliée.

 

Amigo, Métropole: les nuits couchées des députés.

 

Les nuits debout, c’était à Paris. Et juste un temps. Mais à Bruxelles, 751 députés doivent se coucher. Plus leurs assistants. C’est donc 2000 chambres environ par nuit, ce qui n’est pas évident. Parce que Bruxelles c’est aussi l’OTAN, des congrès, des sommets, des foires, des salons, des événements .

Pour les hôteliers c’est un festival permanent, la haute saison toute l’année, jusqu’aux hôtels Ibis à 270 euros la nuitée. Pour les députés, en revanche, c’est le parcours du combattant. Certes chaque bureau au Parlement a sa douche et un sofa. Mais voilà, dormir au bureau, si la pratique a bien existé, y compris à l’Assemblée Nationale, ça ne se fait plus. Ni à Strasbourg, dans les bureaux en   cellules de moines Bénédictins, ni à Bruxelles. D’où le problème  durant tout  mandat d’un gîte à trouver.

Des députés « fourmis » s’achètent un studio. Des députés profitent des privilèges de ce statut, pour se faire amener la nuit, par un chauffeur du Parlement, jusqu’en Allemagne. Discrètement et lors des sessions de Strasbourg évidemment. Mais pour les centaines d’autres députés, il ne reste que l’Hôtel. Et là, il y a toute une sociologie, des habitudes, des affinités, des regroupements nationaux. Par exemple les espagnols du PP dorment au Mercure centre à Strasbourg ; comme le maire de Palerme, député dans les années 90, s’y engouffrait la nuit et s’y éjectait le matin, en un spectacle de film américain avec des guetteurs et de des protecteurs aux armes déjà presque défouraillées.

Madame Veil elle, à Bruxelles, avait pris ses quartiers à l’Hôtel Amigo, du style du Minza à Tanger. Avec le cossu sans le clinquant d’un Sofitel, le confort d’un parador espagnol, et une atmosphère ouatée pour un film de Buñuel, où il est impensable qu’une verveine soit en sachet. Elle est en branche, sortie du jardin et ce faisant Bio.

Mais sortis des  rares députés qui vont dormir  « en Chine », à la Maison du dragon, boulevard Adolphe  Max, où, un vieux Chinois, dans un décor de tombeau de l'empereur Qin Shi Huangdi, édifie discrètement, au milieu  des statues de terre cuite, un empire immobilier, les députés expérimentés, trop  anciens pour s ‘en remettre au service des hôtels du Parlement européen, logent au Mythique Hôtel Métropole. Comme  à Rabat du protectorat on logeait au Balima, à Marrakech à la Mamounia, à Bagdad, avant les bombes, à l’hôtel Al Rachid et à Kinshasa au Memling. Où Tintin a dû séjourner, bien avant Cassius Clay.

Le Métropole c’est un voyage dans le temps. Rien n’y a changé depuis le roi Léopold et les premiers tramways. Sacha Guitry y est toujours, avec sa suite en labyrinthe, dont on peut hériter une nuit lorsque tout est complet, la suite d’Annie Cordy aussi et les photos des conférences Solvay des années 20, lorsque tous les génies de la physique s’y affrontaient, entre les découvreurs de la physique quantique, Niels Bohr en priorité, et les quanto sceptiques avec Einstein.

C’est là, dans cet hôtel, aux grosses clefs en cuivre, où le concierge en chef, le marocain monsieur Dady, a veillé sur 30 ans de députés européens, que viennent dormir notamment les français. Brice Hortefeux, quand il n’était pas  ministre, place Beauvau, y a pris des années durant l’ascenseur art Déco, avec bien des députés français, dont le président Le Pen, 35 ans  présent de 1984 à 2019. Ils  y ont  finalement passé plus de nuits que Marie Curie, Henri Poincaré, Max Plank ou de Broglie, tous physiciens  réunis aux conférences Solvay.

 

Amour et Saint Valentin au Parlement

 

Il y a bien sûr l'amour du métier. De député. L'amour des gens et des autres. Sans lequel on ne fait pas de politique. Il y a aussi l'amour filial et l'amour fraternel. Ainsi, un grand frère commissaire européen espagnol à la pêche, M Marin,  fait engager son petit frère au Parlement européen, fonctionnaire d'un groupe politique. Dans un autre groupe, en face,  un autre frère député européen PPE, encore espagnol, fait engager son petit frère, toujours  comme assistant  fonctionnaire. C'est l'amour familial. La voix du sang.

Et puis, il y a l'amour tout court. L'amour des sens. Parce que, forcément, 6 000 personnes qui vivent ensemble quatre jours par semaine, 11 mois sur douze, finissent par oublier la cause euro fédérale, le libre-échange commercial, les droits de l'homme pour tous, l'harmonisation, la « codécision » et le non irlandais,  pour dire oui. À la vie.

D'autant que c'est le Parlement de l'Europe. Or l'Europe, depuis le départ, est une sacrée nature. C'est en effet une fille d'Asie mineure, déjà turque par conséquent,  enlevée  par Zeus déguisé en taureau. Forcément dès lors qu'au Parlement européen il y en a. Même si aujourd’hui, avec des hastags à  tout dénoncer, il est plus difficile d’en croiser.

Ceci étant, le  Parlement, ses couloirs, ses commissions, ses bistrots,  de l'intérieur et ceux de l'extérieur, ses cocktails, ses mails ou ses soirs de session, c'est mieux que « Facebook ». Parce que  les  seuls couloirs de ce Parlement, c'est un peu comme si Mme de Fontenay y organisait chaque jour un défilé ou si les Miss Europe de l'Est avaient gagné un emploi à Bruxelles ou Strasbourg.

L'assistante de l'Est a été de fait quelque chose. Elle arrivait de sa Pologne, sa Slovénie ou sa Tchécoslovaquie, dans les bagages d'un président quinquagénaire de commission, du budget par exemple, ou  de  députés des dix nouveaux pays ; la   fringue démonstrative, le talon aiguille, le pied sorti d'un roman de Philippe Sollers et un je ne sais quoi d’adolescence politique de sa démocratie sortie de l'enfance.

Quand on pense que des membres de la Commission de la femme alertent, le hastag #MeToo à la main, sur les violences faites aux 100 millions de femmes de l'Union..., alors que, dans des bureaux alcôves du Parlement, aux banquettes pas plus larges qu'un siège d'escarpolette, on aurait  parfois plutôt l'impression que Strasbourg se hisse à l'occasion à la cheville  d'une Rome de sa grande époque.

L'amour dans l’Ill.  

  Michel Houellebecq ou Amélie  Nothomb devraient venir ici. Ils documenteraient  des pages curieuses pour un   prochain roman  sur l'amour  euro libéré, communautaire, harmonisé, en trilogue, après Benchmarking, sur les rives de l’lll et sous les étoiles du drapeau. .

Ils archiveraient mille récits des mille et une après-midi et soirées d'un mandat. Et, finalement, dans un roman, le Parlement européen, dont personne ne comprend vraiment à quoi il sert, finirait enfin par dire quelque chose aux gens. Comme le FMI et Washington ont été surtout connus grâce à'une économiste hongroise  une dame de Guinée et un président français.

Ceci étant, le Parlement européen, même si  Marguerite de Navarre députée aurait pu s’y passionner  autant  que dans sa tour de Nesle,  expose peut être  sur tout, gayfriendly compris,  mais n'expose jamais sur l'Europe de l'érotisme de Sandro Botticelli au Roumain Sabin Balasa, en passant par  Rubens,  Boucher, Goya, Courbet ou Picasso. Le Parlement européen a beau vouloir faire dans le sociétal, il reste encore calvino-conformiste.

 

Anglais langue imposée, avec idiomes nationaux autorisés  

 

Bien sûr, il y a dans les traités et sur le papier quelque chose comme 24 langues officielles. Avec même des interprètes qui se relaient    dans les cabines pour que les « babéliens » se sentent bien. La question s’est même posée, alors que Monsieur Puigdemont n’existait pas encore, d’y ajouter le Catalan. Mais dès que l’on arrive au Parlement européen, en Alsace ou à Bruxelles, en une seconde on est fixé.  Les écrans télé à fond bleu qui donnent, heure par heure, le programme de la journée, n’affichent que des infos en anglais.

Sur les présentoirs, dans le couloir géant en boulevard, du 3ème étage au siège Bruxellois, il y a des dizaines de rapports ou d’études des directions spécialisées, en libre-service. Certes, personne ne les prend et personne ne les a jamais lus, mais la rédaction n’est qu’en anglais à deux ou trois exceptions près sur la politique de défense par exemple.

Il y a pire, depuis 14 ans et depuis juillet 2004, les députés sont obligés de voter en anglais. Les feuilles de vote qui leur donne les consignes de vote, amendement par amendement, ne sont rédigées qu’en anglais. Même les députés des mouvances nationales et régionalistes, flamands, Rassemblement National  ou Lega del norte  par exemple,  ne  votent , eux aussi , qu’avec des feuilles de vote rédigées en anglais

Au Parlement européen c’est donc comme à l’OTAN. Qui siège d’ailleurs à Bruxelles aussi. Les officiers,  y compris ceux sortis de Saint Cyr, n’y reçoivent les consignes qu’en anglais. Non sans résistance il est vrai.

 Un exemple entre mille : un  mercredi  d’ octobre,  les quarante  députés, membres d’une Commission parlementaire temporaire sur les perspectives financières, ont  la surprise de constater sur leur table que tous les documents, le calendrier des réunions et les trois rapports de travail étaient en anglais.  À un député italien qui immédiatement s’étonne, le socialiste espagnol président lui répond : « Ce n'est rien. Ce ne sont que des documents de travail. Mais le jour où il faut voter, vous pourrez voter dans votre langue » !

Concrètement, la distinction de ce jésuite  revenait à dire que la discussion des sommes que les européens devaient payer, dans le cas d’espèce  de 2007 à 2013,  n'avait pas besoin d'être comprise par les non anglophones. L'essentiel, était que les non parlants anglais payent le moment venu dans leur langue maternelle. La facture 2007-2013 se rédigeait en anglais, mais les Français pouvaient faire le chèque en français. Nous voilà rassurés. 

Le Parlement européen a l'obligation d'assurer un multilinguisme intégral. Il doit travailler dans toutes les langues officielles de l'Union. C'est-à-dire en 24 langues depuis l'élargissement à la Bulgarie et à la Roumanie et depuis que l'irlandais a été reconnu comme langue officielle en 2007. Plus le Croate du pays dernier venu.

Tous les documents traités en séance plénière doivent être traduits dans 24 langues différentes. Une dérogation s'applique à l'irlandais et au maltais. Seuls certains documents peuvent être traduits dans les deux langues.

C'est là la version officielle. Parce que la réalité, ce n'est pas cela. Dès que l'on marche dans les couloirs du Parlement européen, on est fixé. Il y a des écrans de télévision donnant le programme du jour, avec des réunions, des commissions, des groupes politiques, des intergroupes. Avec mention des salles de réunion. Mais tout est en anglais. Au moment de voter, les députés reçoivent un volumineux dossier pour les guider dans leurs voies, amendement par amendement. Tout y est en anglais.

Par exemple, un vote par appel nominal sera marqué « RC » pour recall. C'est pire pour les réunions. Une délégation interparlementaire par exemple pour l'Amérique latine, se tiendra non pas en espagnol, comme on l'imaginerait, mais en anglais. Sans traduction. Une délégation pour l'Organisation Mondiale du Commerce tiendra sa réunion d'une heure intégralement en anglais.

Dominique Strauss-Kahn est français. C'est pour cela et cette unique raison  qu'il a été élu directeur du FMI. Parce que, traditionnellement, ce poste est réservé à un européen et à un Français comme Michel Camdessus.

La présidente de la Commission économique du Parlement européen en 2008 était française et Fabiusienne. Son nom  Pervenche Bères, ancienne administratrice à l’Assemblée «Nationale». Vingt cinq ans durant,  elle a été élue députée européenne en France, par de braves fonctionnaires, employés, enseignants, parlant français.

Or, le mardi 15 mai 2008, quand elle préside, pendant une heure, l'audition de D. Strauss-Kahn, elle ne parle qu'en anglais. Et Dominique Strauss-Kahn, alors promis à un avenir radieux, ne parle lui aussi que dans la langue des dieux. Avec un accent « pas possible » du Kansas. 

Autre exemple, lorsque Jean-Claude Trichet, le sommet de l'Administration française, ancien directeur du Trésor, vient présenter en plénière de nuit, au Parlement européen, un exposé sur la Banque Centrale Européenne qu'il présidait alors, c'est en anglais qu'il parle. Juste le temps il est vrai de commencer, interpellé  par un député français qui lui lance un sonore « ça vous gênerait de parler dans la langue de votre pays... »,il embraye interloqué en français.

Cette  dérive est d’ailleurs contagieuse. En 2009 l’Assemblée parlementaire Europe Méditerranée, l’Euromed, se réunit à Rabat, au Parlement marocain. Le président, M Radi, a le choix logique: ou l’arabe, langue du pays hôte ou le français, langue étrangère obligatoire dans les écoles primaires du pays. Que croyez-vous qu’il proposa : l’anglais ! Ce qui fit quitter la salle sur l’instant  aux deux députés français

Le Parlement européen n'assure même plus la traduction en français de 50 % des réunions et des auditions. Même si dans les correspondances qui arrivent au Parlement européen, il semble y avoir égalité des langues. En effet, si 26 % des correspondances sont rédigées en anglais, un peu  plus de 22 % sont rédigées en français et 12 % en allemand. Mais ces lettres exceptées, l'anglais domine bien à l'oral et à l'écrit.

Pendant ce temps, les Catalans se battent pour faire reconnaître leur langue, le président irlandais  Pat Cox à peine élu en 2002 y va, dans son discours de remerciements, d’un couplet en gaélique et les traités consacrent le multilinguisme que les élus et fonctionnaires français s'échinent à transformer en monoculture anglaise. Plus on parle de diversité culturelle, de métissage, d'Europe multiple, de langues régionales, de couleurs, de bruits, de saveurs et de parfums du monde, et plus on impose la langue unique, la culture unique, la monochromie linguistique, le racisme phonologique, la xénophobie des accents, la colonisation sonore, l'impérialisme d'une langue.

L'arrivée des pays de l'Europe de l'Est a aggravé la situation. Tout Polonais, tout Tchèque ou tout député des pays baltes n'imaginerait  pas parler autrement qu’en anglais. Soixante ans après le début de la Construction européenne, on en était même arrivé, en 2008, à voir une déclaration écrite être déposée pour demander le multilinguisme. Celui-ci étant à juste raison perçu comme un élément clef de la transparence au service des citoyens dans les États membres.

Comment ne pas voir, en effet, que le fossé entre l'Europe et les citoyens n'est pas seulement technique, économique et politique ? Il est aussi, sinon d'abord, linguistique. Quand on ne se comprend pas, on ne communique pas et on ne s'apprécie pas. En fait, l'histoire des difficultés européennes est une histoire de sourds.

En décembre 2008, lors de la session de Strasbourg, l'impérialisme de l'anglais a joué un vilain tour au commissaire français Barrot au moment des votes sur un règlement relatif aux jouets et à leur sécurité. Un député voulait la lecture officielle de la position de la Commission européenne. Mais ce texte officiel était en anglais. Le commissaire français un peu juste dans cette langue ne se voyait pas en train de lire un long texte anglais. Il a donc fait le sourd, en dépit de la demande répétée de plusieurs députés et de la cruauté complice du Président, ajoutant goguenard : « Le commissaire ne souhaite pas lire». Avec tout l'hémicycle hilare...

Pourtant combien M. Barrot était en réalité dans l’avenir, alors qu’on le voyait  de  ancien monde. Une anecdote du sommet ministériel de l’OMC à Cancun, dans le cadre du cycle commercial de Doha, toujours d’ailleurs inachevé en 2018, est révélatrice en ce sens.

A la clôture du sommet, le commissaire européen au commerce extérieur, alors le français Pascal Lamy, donnait une conférence de presse planétaire, en duo, avec Robert Zoelick son homologue américain, pour officialiser le nouvel échec après 5 jours de négociations. Comme il allait de soi qu’une réunion mondiale ne pouvait se tenir que dans la langue des élites mondiales, aucun casque avec des écouteurs n’avait été prévu à la tribune et évidemment il n’y avait aucun interprète. De fait, de question en question, aucune interprétation n’était nécessaire. Puisque chaque journaliste parlait la langue politiquement correcte. Du moins jusqu’à l’instant où un journaliste sénégalais se lève pour poser une question en langue vernaculaire française. Ce fut la consternation.

Monsieur Zoellick ne comprenant rien à ce qui lui était demandé et monsieur Lamy restant muet, pensant que le malotru allait se raviser et parler qui sait au moins en Swahili ou lingala, personne ne broncha. Le journaliste de Dakar restant debout et répétant imperturbable sa question en français, il fallut bien 15 minutes pour trouver un casque à monsieur Zoellick. Mais peine perdue,  le casque à peine sur la tête et aux oreilles du dirigeant américain, celui-ci ne comprenait toujours rien.  Puisqu’ à l’autre bout du casque, aucun interprète   évidement n’avait été prévu. Il fallut encore 20 minutes pour qu’une jeune femme discrètement accroupie au pied du francophone Sénégalais, toujours debout depuis plus de 30 mn, se mette à traduire sa question en anglais.

Qu’est-ce à dire ? Que de Conakry à Kinshasa des dizaines de millions de personnes parlant français, il n’est pas sûr que ce soit le commissaire Barrot, aujourd’hui décédé, qui ait été à rebours de l’histoire, par rapport au « mainstream » linguistique où s’imbibe le Parlement européen.

 

Animaux au Parlement européen (Les)

 

Au Parlement européen, on peut rire de tout. Mais pas question de rire sur les animaux.

Là, c'est électoralement du sérieux. Quand Bambi apparaît et que Walt Disney monte aux créneaux, si le député veut être réélu, il a intérêt à s'asseoir sur le derrière, à sortir gentiment la langue et à faire le beau. Parce qu'il y a beaucoup de lobbies des animaux.

Il y a le WWF avec Panda,  le lobby des animaux de ferme et bien sûr  Brigitte Bardot. Mais il y a aussi  le lobby contre les expérimentations animales, l'association pour les bonnes conditions de transport des cochons et puis celui pour la bonne lumière des poulets dans les élevages. S’ajoutent les associations qui s'intéressent aux lapins de laboratoires  torturés par des Mengele qui leurs enfonce dans le nez cigarettes sur cigarettes pour les faire fumer, jusqu'à cancer du poumon généralisé ; aux  phoques massacrés et aux animaux abandonnés. Sans oublier les défenseurs des oiseaux et aussi des abeilles. Là, c'est la lutte des organisations contre le Gaucho, le Régent et autres pesticides.

101 millions de dalmatiens chinois

Mais il y a aussi la lutte contre les pièges à mâchoires et même la défense du chien. Contre ceux qui les « caniphagent ».

C'est que le chien est un met chinois. Comme nous en France on mange les grenouilles et les ortolans, là-bas ils mangent Baltique, Philae, Nemo, Sumette, Jupiter (labrador de G Pompidou) et tous les chiens. Comme rien ne doit se perdre en plus, ils vendent la fourrure. À qui ? À vous ! Pour faire les cols des parkas, des gants et même des jouets en « peau... luche ». Le Parlement européen s'en est saisi. Pour condamner ce commerce.

Les animaux et leur bien-être sont le seul point d'unanimité au Parlement européen. Sauf bien entendu si on ne parle pas des carotides du mouton et des jugulaires du bovin,  dont pendant 45 minutes leur cerveau et leurs yeux, alimentés par leurs artères et leurs veines vertébrales,  assistent en direct au spectacle sanglant  de leur propre trachéotomie ritualisé sur 180 degrés, la défense du poulet, du cochon et de leurs élevages, rassemble la gauche et la droite. Les extrêmes et les centres. Même Emmanuel Macron  et les libéraux sont pour le « modèle social », s'il est appliqué à l'animal.

C'est dire que le 20 mars 2007, à 16 heures 30, quand le commerce des peaux de chiens et de chats chinois fut  inscrit , à Bruxelles, à la Commission agricole, tous les députés  sortirent  les griffes et montrèrent  les dents,  contre ce libre commerce de l'horreur.

Quel dommage que les enfants de 10 ans de l'Equateur qui travaillent à 2 euros par jour sur des escabeaux, à mettre les régimes de bananes dans des sacs plastiques pleins de pesticides et qui s'intoxiquent le cervelet au point de tituber et ne plus pouvoir marcher, victimes d'ataxie cérébelleuse, pour que Chiquita livre le carton de bananes de 18 kg en Allemagne à 4 dollars, ne soient pas des petits chiens. Ainsi, les députés européens s'indigneraient de ce commerce des bananes où se joue la peau de ces enfants.

Quel dommage aussi que les petites filles de 8 ans, dont l'agilité des mains les cloue 10 heures durant devant les métiers à tisser pour faire les mille points précieux « des tapis faits main », avec, à terme, comme les jeunes filles asiatiques de l'industrie de la microélectronique, la chute de la vision et la cécité, ne sortent pas la langue en levant une patte. Le Parlement européen serait contre les tapis...

 

Ascenseurs (Les)

 

Un ascenseur, c'est banal. C'est fait pour monter. Même très haut. En quelque secondes. À Taipeh, c'est 300 mètres à décollage vertical. La tour Maine Montparnasse a aussi des ascenseurs qui montent 50 étages en un souffle. Au Parlement européen, c'est différent.

Qu'ils soient un ravissement d'esthétique à Strasbourg, tout de verre, de bois précieux et de noir d'un tableau de Soulages, ou qu'ils soient en tôle alu d'une laideur de boîte de haricots Bonduelle franchisée Made in Bruxelles, les ascenseurs européens ont un point commun : la lenteur. Avoir un ascenseur peut demander dix minutes d'attente et à midi, en heure de pointe pour aller voter, il vaut mieux compter 15 à 20 minutes.

C'est l'ascenseur symbole, à lui tout seul, de l'Europe des directives, des règlements, de la lenteur, de l'empesé, de l'inefficacité. Un ascenseur américain, même dans les vieux gratte-ciels de New York, file comme une fusée. L'ascenseur européen, lui, se traîne comme un vieux Trolley et entasse les députés comme le RER à Châtelet ou Gare du Nord.

C'est l'ascenseur à vitesse limitée où les députés doivent encore s'estimer heureux qu'un collègue scandinave ou un protestant n'ait pas pensé à exiger le port de la ceinture de sécurité ou d'un casque, le temps du trajet.

Seul l'ascenseur européen ne savait  pas, à Strasbourg, arriver au garage. Au rez-de-chaussée du Parlement, il n'y avait  pas en effet de correspondance pour descendre au parking. Alors, surchargé, soulevant valises, sacs et sacoches, les  jeudi à 13 heures les députés en flots descendaient, encombrés et brinquebalants, les 51 marches d’un escalier,  comme des mamies en gare de Toulouse tirent, portent et soulèvent, leurs bagages pour changer de voies. Parce que la SNCF  para privatisée n'a pas d'argent pour installer des escaliers roulants.

C'est pire à Strasbourg. Il y avait de l'argent. On y avait  installé des ascenseurs de verre qui donnent au Parlement le luxe de l'hôtel Mérinides à Fez. Mais on avait  oublié une connexion pour le parking. Depuis on y a remédié...Vingt ans après. 

C'est cela l'Europe. Même les ascenseurs laissent à désirer. Il est vrai que l'on peut monter ou descendre à pieds-sauf les handicapés, pendant des années privés à Strasbourg de parking- .

À Bruxelles dans ce cas, c'est une balade dans des escaliers larges, fréquentés et bien intégrés à l'architecture. À Strasbourg, l'escalier est caché. Un escalier d'urgence. Non emprunté. Le député qui s'y perdrait  pourrait finir,  qui sait,  comme notre ancêtre Otzy, sapiens retrouvé à la frontière de l'Autriche et de l'Italie, oublié  dans la  crevasse d’un glacier. Emprunter alors seul les escaliers c'est imprudent...

 

 

Assistante et assistant, effectifs, furtifs et fictifs,  des députés.

 

Effectifs, furtifs, fictifs, accrédités  à  Bruxelles ou  travaillant en circonscription, dans les pays de leurs députés, les assistants européens sont sortis de l ‘anonymat  et font depuis quelques années l’actualité politique et judiciaire. Le grand public  qui avait déjà   découvert  l’assistante nationale, via une dame Pénélope  en 2017, sait maintenant tout des assistants européens, avec  leurs rémunérations, leurs fonctions et surtout   le changement  de leur  statut.

Jusqu’à la décennie 2010 en effet, l’assistant c’était la précarité dans la discrétion. Le député européen, avec  une enveloppe de plus  de 20  000 euros  annuels pour recruter ses collaborateurs, faisait ce qu’il voulait. Il recrutait, payait ou répudiait à discrétion.  L’assistant pouvait l’aider  à Bruxelles ou ailleurs, à plein temps ou à mi-temps,  être secrétaire, chauffeur, photographe, payé de quelques centaines d’euros ou  avec  une vraie mensualité, en occupant   un vrai emploi  ou un emploi fictif, sans qu’il  y ait eu vraiment de règles.

 L’assistant était content d’être au Parlement parce que c’est valorisant et le député était content d’être puissant comme Abraham. Voire fier comme Artaban, parce que l’assistant étant  souvent assistante et comme étrangement  encore plus souvent  semblant sortir d’un défilé de top modèles, forcément le député était fier d’être complimenté. Par ses autres collègues,  complimentés à leur tour et ainsi de suite du Congrès de Washington à la Douma de Moscou et du Parlement de Rabat au Parlement européen, l’univers politique étant  ainsi.

Depuis  quelques années  toutefois, les choses ont changé pour que rien ne change. D’abord , le monsieur assistant des députés, le haut fonctionnaire néerlandais Van Get,   qui dans l’efficacité et  la gentillesse faisait tous les contrats de recrutement, assurait l’ordonnancement  des paiements et avertissait les députés des crédits de collaborateurs qui leur restait, n’est plus là, parti au cabinet de la Présidence.

Ensuite et surtout le monde  a changé. On a vu des assistants faire des procès, même à Ségolène Royal et la justice s’en mêler,  relayée par  la presse en faisant l’actualité. Ce qui a conduit  les assistants au centre de l’actualité des dernières années,  lorsqu’ en 2017 s’était  ouverte une enquête contre  deux partis français,  pour des soupçons  d’emplois dits fictifs  d’assistants. C’était, a t on dit,  un  préjudice de 5 millions d’euros, en raison de  salaires versés sans service parlmentaire fait,  de 2012 à 2017.

Sans discuter de la curiosité de ce concept « d’assistants fictifs », pour des personnes existant réellement et faisant,  en  messieurs Jourdain, « de la prose parlementaire  sans qu’elles en   sussent rien », un  monde  s’est écroulé..., où l’assistant,  jeune, militant,  diplômé et si possible  dévoué, avait  moins un statut juridique, fait de CDD, qu’un statut  mythique. Notamment l’assistante, qui était un « mixe » de l'hôtesse de l'air des années 50, du temps d’ Howard Hughes, de la secrétaire de l'époque des « machines à taper  ou du concierge en chef d'un palace parisien qui peut tout résoudre.

 

Le mythe s’était   même renouvelé avec l’élargissement de l’Europe à 28, et l’arrivée   à Bruxelles de l'assistante  tchèque, slovaque ou  polonaise, ajoutant de l’exotisme slave à l’assistante classique de la petite Europe des six avec son extension méditerranéenne.

 

Mais de l’ouest  ou de  l’Est, la dominante chez ces collaborateurs c’était la précarité et la diversité des situations. Les rémunérations allaient de  1000 euros par mois pour  10 heures de travail par jour, à 7 000 euros par mois  pour juste quelques  heures de présence. Par exemple  pour les assistants des groupes politiques,  souvent  engagés pour  raisons politico- familiales. Par exemple parce qu'ils étaient frère d’un député ou  d'un commissaire.  Ainsi  le frère du commissaire espagnol Marin  s’est retrouvé assistant socialiste pendant des années de la décennie 90.

 

Dans tous les cas,  ces assistants «  d’avant »  ont été traité en  plombiers polonais de la directive Bolkestein, relevant de 27 droits fiscaux et sociaux différents. C’est ce qui  a changé  à partir de la décennie  2010.

 Dorénavant, les  assistants  ont  un statut européen  unifié. Avec  la sécurité sociale,   l’indemnité de chômage et les contrôles, ils sont sortis  de la zone des sans-papiers.

Ainsi  le député doit recruter au moins 25% d'assistants accrédités à Bruxelles, soit de l’ordre de  1676 assistants  assimilés   à  des fonctionnaires du Parlement européen avec une grille de salaire allant de 1 700 euros (grade 1) à 7 800 euros (grade 19) par mois à temps plein. Ils obéissent à un « code de conduite » des agents du Parlement européen et ils  sont obligés de résider à Bruxelles. 

 

S’ils se retrouvent sans emploi, au chômage, ils perçoivent  60 % de leur salaire la première année. Par exemple  un  assistant parlementaire accrédité de second rang reçoit 5 166,49 euros. Au chômage  il a droit à une indemnité d’un peu moins de 3 100 euros par mois.

Ce montant décroît dans le temps. La deuxième année, ils perçoivent 45 % de leur salaire et l’indemnité tombe à 30 % pendant la troisième année. Après cette période, l’indemnité est plafonnée à un maximum de 2076, 07 euros par mois. Le minimum mensuel est de 882,33 euros.

 

A côté de ces assistants accrédités,  il y a  les assistants locaux qui restent dans l’ancien monde. Ce sont les petites mains de  l'eurodéputé en circonscription, sans  statut  spécifique, avec un contrat de droit national  avec l’élu.

 

L’expérience, même dans l’ancien monde, montre que le statut juridique n’épuise   pas toute  la réalité du statut social. Par exemple, l'assistante italienne Monica Frassoni avait pu, en 1999, devenir député européenne sur liste belge  et co présidente de groupe politique vert avec Daniel Cohn- Bendit. De même, l'assistant parlementaire du député européen Alain Krivine, Olivier Besancenot, a été aussi en 1999  l'illustration de cette ascension au mérite...militant.

 

 On ne compte plus  d’ailleurs   les assistantes et assistants devenus députés européens. Ainsi, la néerlandaise Buitenweg, l'espagnol Antonio White ou  la française  Sylvie Gaudine devenue député en 2014. Comme il y a aussi l’asssitante à statut matrimonial. Par exemple, en cours de route, l'assistante belge peut devenir député et épouser le président français d'un groupe politique de l’Assemblée ou l'assistante française peut épouser son ancien ministre député.

 

En plus, comme le pinson des Galapagos, observé par Darwin, l'assistant(e) a souvent le gène de l'adaptation au milieu. Il ou elle se case. Partout où il y a une niche professionnelle. Par exemple, la fonction publique européenne et locale   les entreprises, les cabinets de consultant et même à l’ancienne. En se mariant au besoin avec un député.

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